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L’intelligence économique
L'intelligence économique est l'ensemble des moyens et des techniques mises en œuvre par une entreprise, ou par une personne publique, pour obtenir, par des moyens légaux, des informations tant sur ses   est partagée et donc enrichie par l'ensemble du groupe alors qu'en France elle est encore trop souvent perçue comme un enjeu de pouvoir et le partage est loin d’être un réflexe.   Bien sur cela aura un coût et demande d’y passer du temps mais, la bonne question à se poser est de savoir combien peut coûter, à posteriori, le fait de ne pas avoir eu recourt à une veille de type intelligence économique.

D’ou vient l’information ?
Il ne faut jamais oublier que l'un des usages de l'intelligence économique consiste, pour vos concurrents mal intentionnés, à propager des informations négatives ou inexactes au sujet de votre entreprise ou de ses produits et services.
Qu'elles soient calomnieuses ou fausses, financières ou stratégiques, le seul et unique but est de vous faire perdre des marchés soit en vous discréditant, soit en vous faisant passer pour des gens non professionnels, voire incompétents.
Tous les moyens sont parfois bon pour destabiliser un adversaire ...
Enfin, n'oubliez jamais que votre propre entreprise est elle-même diffuseur d'informations, que ce soit à travers son site Internet, ses communiqués de presse, ses interviews, ses plaquettes commerciales, ses lettres et autres journaux diffusées en interne comme en externe ainsi que par ce qui est dit et présenté sur les salons et autres lieux de rencontre avec les clients et partenaires.

Etre maître chez soi …
L'intelligence économique doit vous permettre de gérer, de façon positive, l'image globale de votre entreprise, de la qualité de vos salariés, la pertinence de vos produits ainsi que de vous permettre de parer et de répondre à toute attaque extérieure.
Si, malheureusement, certains concurrents utilisent des procédés douteux, il ne faut jamais oublier que ce sont essentiellement les hommes de l'entreprise qui, sans toujours s’en rendre compte et de façon non contrôlée, diffusent des informations sur l’entreprise et son environnement.
Le « maillon faible » dans les échanges d’informations reste donc le salarié de l'entreprise.
En effet, les négligences, les mauvaises informations ou tout simplement les maladresses humaines pèsent vite très lourd dans la diffusion d'informations erronées, voire nuisibles.
C'est pour cette raison, qu'il apparaît nécessaire de mettre en place, en interne, une solution d'accompagnement afin de sensibiliser tous les salariés.
C’est ainsi que lorsque la société possède une bonne culture d'entreprise, la sensibilisation des salariés est alors presque naturelle et, par conséquence, ils communiquent peu d'informations négatives ou erronées portant sur l’entreprise.
Enfin, n'oubliez jamais qu'une information publiée sur
concurrents et son environnement que sur ses propres informations et faiblesses.
Ce qui distincte l‘intelligence
"... Il ne faut jamais oublier que l'un des usages de l'intelligence économique consiste, pour vos concurrents mal intentionnés, à propager des informations négatives ou inexactes au sujet de votre entreprise ou de ses produits et services ..."
 
économique de l'espionnage économique, c’est qu’elle utilise exclusivement des moyens légaux.

Les informations recherchés sont celles dont ont besoin les différents responsables aux différents niveaux de décision de la structure.

Cela leurs permet afin de pouvoir analyser, élaborer et mettre en œuvre, de façon homogène et cohérente et en toute connaissance de cause, les moyens, les stratégies et les tactiques nécessaires pour atteinte les grands objectifs stratégiques définis par l'entreprise avec, pour but essentiel, l’amélioration de sa position et son positionnement dans son environnement concurrentiel.

Moralité et légalité …
Comme nous venons de le voir l’intelligence économique utilise des moyens légaux pour accéder à l’information, mieux la gérer et la protéger.
La limite avec l’espionnage économique est parfois difficile à cerner et que dire si l’on prend en compte la notion de moralité …

Ainsi, par exemple, écouter dans un avion les conversations de ses concurrents n’est en rien illégal, mais il est totalement immoral de choisir volontairement de prendre cet avion pour surprendre leurs échanges, bien que cela reste légal …
A ce sujet, que vous soyez dans un train, dans un avion, au restaurant, ou tout autre lieu public, n’oubliez jamais qu’il n’y a pas que les murs qui ont des oreilles …

A ce propos, je ne peux m’empêcher de vous raconter une « petite histoire vrai ».
Il y a quelques années, le dirigeant d’un grand groupe pharmaceutique invita sa femme au restaurant sans faire attention à quoi que ce soit, il faut dire que l’on est dans un « grand restaurant » et donc entouré de « gens biens » ...
Il lui parle, pour entretenir la conversation, d’un futur médicament que le laboratoire compte mettre très prochainement sur le marché.
Par manque de chance, juste derrière lui, se trouve son concurrent direct qui, dès le lendemain convoque ses équipes commerciales afin que celles-ci, sur le terrain, fassent de la désinformation auprès des professionnels de la santé afin de gagner du temps et de neutraliser le nouveau produit du concurrent, se laissant ainsi le temps de mettre au point leur propre offre ...

Les rois de l’intelligence économique
Quittons maintenant le domaine de la chance et des simples opportunités pour rentrer dans celui de la récolte structurée des informations.

Les grands spécialistes de la collecte d'informations sont, principalement, les entreprises et les Etats américains et japonais.
En effet, depuis de nombreuses années, différents services de ces état sont chargés de trouver et de collecter de nombreuses informations que ce soit région par région ou activité par activité.

La France, pour rattraper son retard, a décidé de se mobiliser à tous les niveaux, que ce soit à l'étranger, au niveau national, régional ou local.
C’est ainsi que l’on a mis en place des moyens et que de nombreuses personnes sont maintenant mobilisées sur ce sujet.

Le principal problème en la matière, pour nous français, repose sur nos relations culturelles à l'information.
Dans les pays asiatiques par exemple, cette dernière
  Pour les Etats-Unis, force est de constater qu'ils ont en la matière une aisance naturelle à faire de l'intelligence écnomique.

Pour conclure sur ce point, il n'est pas nécessaire de traverser l’Atlantique pour trouver des modèles.
A titre d'exemple, les Suédois ont mis en place des solutions performantes et très abouties, et nos voisins flamands montrent, au quotidien, que la collecte de l'information est un réflexe ancestral.

L’intelligence économique à la portée de tous
Pour les entreprises, quels que soient leurs moyens financiers, la base d’un bon usage de l’intelligence économique est d’avoir une approche structurée autour de la connaissance de son métier et de son environnement.
C'est entre autres pour cela que les grands groupes, bien qu'ayant des moyens financiers très importants, n’ont pas forcement de meilleurs résultats qu'une simple PME-PMI.

En effet, dans les moyennes et petites entreprises, les dirigeants et les cadres ont, en général, une très bonne connaissance de leurs métiers et de leurs environnements.
De ce fait, en faisant juste appel à un peu de bon sens et à de la logique, ils peuvent trouver, parfois tout simplement en utilisant Internet, de nombreuses informations et, surtout, ils savent ne retenir que celles qui sont pertinentes.
De même, du fait du faible nombre d'intervenants, la communication et les échanges internes sont aisés et les temps de réaction très courts.

Par ailleurs, il faut que les entreprises apprennent à se regrouper dans le cadre de cette recherche d'informations.
Les réseaux humains, qu’ils soient, par exemple, professionnels ou sectoriels, restent les meilleurs moyens de démultiplier les collectes d'informations pour un coût minimum et en rationalisant le temps passé.
De plus, sachant que l’on est jamais assez vigilant quand on est seul, la solution « collective » est un
 
 
"... Une information publiée sur Internet par l'entreprise y est souvent bien moins contrôlée par les différents services de l'entreprise que le contenu d'une plaquette commerciale, alors que celle-ci est accessible à un nombre bien inférieur de personnes..." Internet, que ce soit sur un site ou dans le cadre d'une lettre d’information, y est souvent bien moins contrôlée par les différents services de
excellent moyen pour faire de l'intelligence économique.

Partager des informations, oui mais lesquelles ?
Il est bien évident, en fonction de ce que nous venons de voir, que le partage de la recherche d'informations ne peut se faire que vis-à-vis d'intérêts communs.

Ainsi, la surveillance de son concurrent direct ne peut être réalisée qu'en interne.
Toutefois, la cible étant précise et parfaitement définie, cela ne nécessite pas un travail de recherche énorme.

Les terrains de recherche d'informations en commun peuvent concerner l'innovation, le développement international, les entreprises étrangères concurrentes ainsi que les créations d'entreprises concurrentes par régions.
Il peut être intéressant, si on en a le courage, d'intégrer dans la recherche commune tout ce que l'on pourra trouver concernant la protection de ses propres informations, les différentes désinformations dont on est victime, les indiscrétions disponibles et également les intrusions et attaques dont on a pu faire l'objet.
  l'entreprise que le contenu d'une plaquette commerciale, alors que celle-ci est accessible à un nombre bien inférieur de personnes ...

Devenir paranoïaque ?
Ce n’est pas parce que vous fermez à clé votre voiture que, pendant toute la journée, vous allez craindre qu’elle soit volée.

C’est pareil pour l’entreprise, en effet, le meilleur moyen de se protéger est, au moins, d'avoir conscience des risques auxquels on est exposée et cela, ce n’est pas être paranoïaque, c’est être réaliste.
Il suffit tout simplement d'être vigilant et de faire partager aux salariés ce mode de pensée afin que, à terme, cela fasse partie de leur « réflexe professionnel ».

Mais rassurez-vous, vous n'êtes plus seuls dans votre quête car l'état français a créé un bureau de veille économique stratégique (la Dree) que nous vous conseillons de contacter afin d'obtenir les différentes informations qui vous permettront de pouvoir mettre en place une stratégie globale de communication et d'information basée sur l'intelligence économique.
Cliquez ici pour consulter le complément internet de cet article ...
L'auteur, Gilles de Chezelles :
Manager, auteur de nombreux articles et ouvrages, il a créé la société GdC Consultant afin de mettre au service des entreprises et de leurs managers son expérience et son savoir-faire.
Vous pouvez le contacter en cliquant ici
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